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Carburants : le gazole recule à la pompe, les petites stations se disent pénalisées

La baisse du prix du gazole voulue par le gouvernement a démarré dimanche 1er novembre, mais pas partout au même rythme. Les petites stations, souvent rurales, craignent d'en profiter en dernier.

Publié le · 2 min de lecture

Une station-service en France

Photo : JLPC · CC BY-SA 3.0 (nouvel onglet)

À la mi-octobre, l'État a décidé de céder aux distributeurs, sur trois mois, un volume de 10 millions de barils pris dans ses réserves stratégiques. Constitués avant le conflit au Moyen-Orient, ces stocks sont revendus à leur coût d'origine, environ 28 centimes le litre, contre environ 1,10 euro au cours actuel. La quantité attribuée à chaque acheteur dépend de sa part de marché de 2025.

L'objectif annoncé est de faire reculer le litre de 12 à 18 centimes au moment du plein. Le déstockage est organisé par la Sagess, l'organisme qui gère ces réserves pour le compte de l'État.

Des enseignes plus rapides que d'autres

Les grands réseaux ont bougé les premiers. E.Leclerc annonce 21 centimes de moins dans ses 742 stations dès dimanche, et Coopérative U promet une réduction pouvant atteindre le même niveau selon les sites. TotalEnergies a ramené le litre à 2,15 euros dans ses 705 stations Access dès samedi ; le reste de son réseau, hors autoroutes, devait s'aligner dès lundi.

Dimanche à la mi-journée, le litre de gazole coûtait en moyenne un peu plus de 2,35 euros, selon un relevé de l'AFP portant sur environ 8 600 stations, contre près de 2,38 euros la veille au soir. L'Ufip, qui représente les pétroliers, s'attend à un recul d'environ 12 centimes, variable selon la politique de chaque enseigne.

La colère des indépendants

Pour les stations indépendantes, le compte n'y est pas. Francis Pousse, du réseau Mobilians, estime que les plus gros distributeurs ont reçu ces volumes d'abord et que les petits les attendent encore. Selon lui, la baisse arrivera donc plus tard dans les stations des campagnes. Il juge les écarts de prix « insupportables » et dit ne pas retrouver dans les faits les promesses du gouvernement.

Un point d'étape à Bercy

Roland Lescure (Économie), Serge Papin (Commerce) et Maud Bregeon (Énergie) recevront les distributeurs mardi 3 novembre. Ils comptent sur le baromètre hebdomadaire des marges et sur les contrôles de la DGCCRF pour vérifier que l'avantage parvient bien aux clients, sans marge en plus pour les intermédiaires. Bercy admet que le mouvement sera progressif, chaque réseau remplissant ses cuves selon ses propres capacités.

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